What the public is told, and what it is owed

14 août 2026

Mbengue domine avec 19 points et 13 rebonds, le Sénégal file en demies de l'AfroBasket U18

Malgré une défense de zone malgache difficile à percer, le Sénégal rejoint le dernier carré à Abidjan.

Jeudi à Abidjan, le Sénégal a battu Madagascar 54-40 en quarts de finale du FIBA AfroBasket U18. Son sélectionneur, Mouhamed Sene, a aussitôt reconnu publiquement ce que les chiffres ne cachaient pas. Code Mbengue a terminé à 19 points et 13 rebonds. C'est lui qui a tenu l'édifice, le fil autour duquel le reste s'est organisé tant bien que mal. Mousa Diallo a ajouté 11 points, Bara Danfakha en a apporté 10. Le tableau de marche semblait raisonnable. Mais à la mi-temps, Madagascar ne pointait qu'à deux longueurs, 23-21, face à une équipe sénégalaise pourtant plus grande et physiquement plus athlétique. Deux longueurs après vingt minutes de jeu, c'est le genre d'écart qui force une équipe à se regarder franchement. Le problème avait un nom: la défense de zone. Madagascar l'a construite avec soin, et ça a fonctionné bien au-delà de ce que le rapport de forces laissait présager. Sene ne l'a pas contourné après le match. "Toute équipe qui connaît un peu le Sénégal sait que nous avons des difficultés face à la zone", a-t-il dit. "Nous devons être vraiment patients et jouer notre basket." Ce n'est pas une confidence glissée dans un couloir. C'est une déclaration publique, mesurée, faite à quelques jours des demi-finales. Le Sénégal a repris la main dans le troisième quart-temps en ajustant sa défense: des joueurs plus grands positionnés en tête de raquette, des prises à deux systématiques sur le meneur malgache Harinosy A'Ranty Rasetriarivony. La stratégie a partiellement fonctionné. A'Ranty a tout de même inscrit 15 points, seul joueur de son équipe à franchir la barre des dix unités, ce qui nuance l'efficacité du plan sans l'invalider entièrement. Sene avait fixé un objectif précis: maintenir A'Ranty sous les huit passes décisives en le poussant à prendre des tirs plutôt qu'à distribuer. "Nous voulions l'obliger à jouer différemment de ce qu'il fait habituellement." Le résultat a été suffisant pour gagner, sans être suffisant pour rassurer. Du côté malgache, le sélectionneur Tojo Hery Rasamoelina a livré un constat sans ambiguïté. "Le problème, c'est que les gars n'avaient pas suffisamment de force pour contenir le rythme imposé par le Sénégal." Il a également pointé les maladresses au tir et les balles perdues comme des facteurs aggravants: "Nous nous sommes précipités. Après cela, tout s'est compliqué." Madagascar a connu un sursaut en fin de quatrième quart-temps, ramenant brièvement le déficit sous les dix points, mais l'écart final de quatorze points reflète moins une domination qu'une résistance progressivement épuisée. Ce qui intéresse ici n'est pas tant la qualification sénégalaise, attendue au regard du potentiel physique de cette équipe, que ce que la victoire a rendu visible. Le public présent en Côte d'Ivoire est en droit de savoir si les Lions sont capables de corriger en quelques jours un défaut tactique reconnu par leur propre entraîneur devant les caméras. Sene a eu la lucidité, ou l'honnêteté, de poser le problème à voix haute. Ce n'est pas anodin dans un contexte de compétition où la communication d'après-match sert souvent à protéger l'image plus qu'à informer. Les demi-finales arrivent. Les adversaires qui auront observé ce quart de finale savent désormais exactement où chercher. La question n'est pas de savoir si le Sénégal a le talent pour aller plus loin: Code Mbengue, à lui seul, répond à cela. La question est de savoir si le groupe aura la discipline tactique pour ne pas offrir deux fois la même prise.