What the public is told, and what it is owed

25 août 2026

Lusikisiki reçoit des fonds publics pour un campus de formation verte en zone rurale

Deux entités publiques unissent leurs budgets pour équiper une localité isolée du Cap-Oriental.

Ce que l'on construit dans les marges d'une économie révèle souvent ce que le centre a négligé pendant des décennies. Un campus de formation technique inauguré dans la province du Cap-Oriental, à Lusikisiki, localité enclavée de l'Eastern Cape, ne ressemble à rien de spectaculaire. Sa structure de financement, elle, mérite qu'on s'y attarde. Jeudi, le campus Ngqungqushe de l'Ingwe TVET College accueillait une cérémonie de lancement conjoint impliquant deux institutions publiques distinctes et un partenaire international. Le National Skills Fund (NSF) a financé la construction du campus lui-même, tandis que l'Energy and Water Sector Education and Training Authority (EWSETA) y a établi un Centre de formation aux énergies renouvelables. La vice-ministre de l'Enseignement supérieur et de la Formation, la Dre Nomusa Dube-Ncube, présidait la cérémonie. Ce qui aurait pu n'être qu'un ruban coupé de plus dans une province chroniquement sous-équipée prenait ainsi la forme d'un signal institutionnel plus lisible. Le modèle de financement retenu est en lui-même une déclaration de politique. Deux entités publiques aux mandats complémentaires ont choisi de concentrer leurs ressources sur un même site plutôt que de dupliquer des infrastructures séparées ailleurs. Le NSF a présenté cet arrangement comme une preuve que la coordination stratégique au sein du système d'enseignement post-scolaire peut produire des résultats économiques concrets à l'échelle locale. L'affirmation est raisonnable. Elle soulève toutefois une question implicite: pourquoi ce modèle n'a-t-il pas été la norme plus tôt, et dans combien d'autres localités rurales les mandats institutionnels se sont-ils plutôt ignorés mutuellement? Un troisième partenaire élargit encore la base du projet. L'EWSETA a établi le Centre de formation en partenariat avec le Chinese Culture and International Education Exchange Centre (CCIEEC), introduisant une dimension internationale dans un dispositif jusqu'ici entièrement domestique. Les institutions chinoises ont multiplié les partenariats avec des gouvernements africains sur les énergies renouvelables et le développement des compétences, et la présence du CCIEEC suggère que le centre pourrait incorporer des équipements ou des pratiques qui dépassent ce que l'offre sud-africaine peut immédiatement fournir. Ce que cela signifie concrètement en termes d'approvisionnement ou d'accords futurs reste ouvert. C'est précisément ce point que le public a intérêt à suivre. Le contexte national rend l'initiative difficile à ignorer. L'Afrique du Sud poursuit une transition énergétique dite juste, réduisant sa dépendance au charbon tout en cherchant à développer des capacités en énergies renouvelables pour honorer ses engagements climatiques. Ce secteur a besoin de techniciens, d'ingénieurs et de travailleurs qualifiés pour l'installation, la maintenance et les opérations. L'investissement public dans la formation réduit la pression sur les opérateurs privés qui, autrement, devraient financer eux-mêmes leurs propres programmes de développement des compétences. C'est une intervention côté offre, avec des effets directs sur les délais de déploiement des projets et sur les coûts de main-d'oeuvre à l'échelle du secteur. Ce qui se passe à Lusikisiki soulève aussi une question plus large sur ce que le public est en droit d'attendre de ce type d'investissement. Le campus représente une infrastructure nouvelle dans une zone rurale où les étudiants n'ont pas à migrer vers les centres urbains pour accéder à une formation orientée vers l'avenir (c'est ce que le NSF a lui-même mis en avant). Mais l'engagement public ne s'arrête pas à l'inauguration. Les programmes de formation concrets, les taux d'insertion professionnelle, la nature exacte du partenariat avec le CCIEEC et ses éventuelles implications en matière d'équipements ou de capitaux supplémentaires: voilà ce que la transparence institutionnelle devrait fournir au fil du temps, sans qu'il soit nécessaire de le demander. Pour l'instant, ce que l'on sait est ceci: deux fonds publics ont convergé à Lusikisiki, un partenaire international a rejoint le dispositif, et un campus a été remis à une communauté rurale du Cap-Oriental. C'est une base. La question qui reste ouverte est de savoir si ce modèle de coordination, une fois documenté et évalué, deviendra enfin la règle plutôt que l'exception dans les régions que le système a longtemps tenu à l'écart.